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2° Enseignement Défense et 1ères CDSG : Devoir de Mémoire à Verdun !

2018_A113_077_B_001_001Du 2 mai au 5 mai 2018, les élèves de l’enseignement défense de 2nde et de la 1ere Classe Défense et Sécurité Globale de Barral ont eu la chance de visiter la base aérienne 113 St Exupéry de St Dizier et de découvrir le site de Verdun et les traces laissées là par la Grande Guerre. Accompagnés par leurs professeurs Valérie Pietravalle et Fabrice Jacquet, mais aussi d’une archiviste d’Albi, Catherine Barthe qui les a aidés dans leurs recherches pour retrouver les traces des anciens élèves de Barral morts au combat entre 1914 et 1918, ils ont, d’abord, fait une halte pour comprendre et découvrir le fonctionnement d’une base aérienne réputée pour son efficacité et son haut niveau technologique : la base St Exupéry. Cette base, sise à St Dizier en Haute Marne est forte de 1741 militaires (1500 hommes et 241 femmes) et dispose d’une quarantaine de Rafales, les fleurons de l’aviation française.

Ils ont d’abord écouté le Colonel du BA113 qui leur a abondamment expliqué l’histoire de sa base et son fonctionnement orienté autour de deux piliers : protection et dissuasion. Le premier avion décolla de l’aérodrome de St Dizier en 1913, et depuis la base militaire 113 a participé à toutes les guerres. Le plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale permit de restaurer le site et la base se choisit un parrain célèbre, à la fois grand aviateur et écrivain de renom : St Exupéry. Dotée, depuis 1965, de mirages 4, elle dispose aujourd’hui de Rafales qui ont aussi la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire si nécessaire. La formation de tous les personnels de cette base est d’un haut niveau de précision et de coordination car tout repose sur l’efficacité de chacun quelque soit son rôle : mécanos (on en compte 600) ou cuistots(très importants car « une armée marche sur son ventre » disait Napoléon). Une cinquantaine de métiers différents œuvre donc ici à la protection des citoyens et du territoire français. En lien avec la base de Mont de Marsan, les pilotes disposent d’un avion prêt à décoller en moins de 7 minutes grâce au travail et à la permanence de 50 personnes.

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Au cours de leur visite les élèves ont pu mesurer la force de l’engagement de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi cette carrière militaire pour la protection et la sécurité de tous. Ils ont aussi pu admirer les compétences pointues et la technicité des personnels et du matériel et ils ont pu comprendre les divers métiers qui animent la base : météorologue, navigateurs, opérateurs de la tour de contrôle ou des postes de commandement, mécaniciens… Même piloter une voiture capable de tracter un Rafale hors de son hangar demande une grande précision, une formation spéciale et un haut niveau de compétences ! Cette base fonctionne donc non seulement grâce aux pilotes mais aussi par le concours de tous à des postes différents. Récemment le chef de l’Etat, Monsieur Macron, a ordonné une frappe aérienne sur les bases d’armes chimiques Syriennes et la mission est partie de la BA113. Après 10 heures de vol, les Rafales ont atteint leur cible et sont revenus à bon port. Ils sont également intervenus depuis le début des années 2000 en Afghanistan, au Mali, en Libye, et sur tous les points chauds des guerres contemporaines, à la fois pour seconder nos alliés mais aussi pour détruire, loin du territoire, les sites terroristes qui le menacent. Ils participent,par ailleurs, aux opérations Vigipirate et Sentinelle. Flavius, un élève témoigne ainsi de son ressenti après cette visite :« Ce qui m’a le plus impressionné, c’est la base militaire de St Dizier, non seulement par la beauté et la modernité de l’équipement mais aussi parce que j’y ai trouvé des gens qui se dévouent complètement à leur métier et à leur mission. Ces militaires remarquables sont là pour protéger et lutter pour une cause en laquelle ils croient. Personnellement, j’ai été encore plus subjugué quand j’ai eu la chance de parler à des gens qui font un métier que je rêve de faire, celui de pilote de chasse, et aussi lorsque j’ai eu l’occasion de monter dans un Rafale ».

Le vendredi 4 mai fut consacré à la découverte de Verdun, ce lieu qui à lui seul est le symbole de toutes les horreurs de la Grande Guerre, mais aussi de la capacité de résistance des Français pendant ce terrible conflit. Leur visite a commencé par le Mémorial de Verdun, musée interactif qui présente non seulement les cartes d’Etat-Major de l’époque, nécessaires pour comprendre ces batailles, mais aussi toutes les traces matérielles découvertes sur le site : casques et armes des poilus et des soldats allemands, restes d’obus, lettres échangées entre les soldats du front et leurs familles… Commencée le 21 février 1916, la bataille de Verdun qui a duré pratiquement un an reste marquée dans les Mémoires, et les élèves ont pu mesurer l’ampleur de ce désastre humain, mais aussi le courage des soldats qui y ont sacrifié leur vie. Ces aspects ont été mieux appréhendés grâce à la visite du Fort de Douaumont et de l’Ossuaire de Douaumont.

La visite du Fort de Douaumont fut riche d’enseignements : ils y découvrirent le rôle de l’armée coloniale du Maroc et des tirailleurs Sénégalais qui par leur courage et leur bravoure purent récupérer le Fort tenu par les Allemands. Ils touchèrent du doigt la rudesse des conditions de vie dans ce Fort tout au long de la guerre : une vie enterrée, sans lumière et sans air, entassés dans des chambrées de plus de 50. Mais la surpopulation était telle que les lits superposés sur lesquels les poilus dormaient (entre deux séances d’épouillage, et trois rats !) furent supprimés et les poilus durent se poser où ils pouvaient pour essayer de trouver un peu de repos. Le témoignage de Vincent, l’un des élèves, complète ce propos : « Le fort du Douaumont m’a permis de comprendre l’importance des forces coloniales dans la Première Guerre mondiale. J’ai pu comprendre l’organisation de la défense de Verdun et les différentes étapes des conflits, en particulier grâce au Mémorial de Verdun. J’ai d’ailleurs été particulièrement impressionné par le nombre de lettres envoyées par les soldats allemands pendant la Grande Guerre (28 milliards !). »

Les élèves se recueillirent ensuite à l’ossuaire de Douaumont, cette vaste nécropole qui regroupe les os des différents soldats retrouvés après-guerre. Elsa explique après cette visite sur ces sites : « J’ai visité le mémorial de Verdun, véritable lieu de mémoire et de souvenir retraçant le comportement héroïque des poilus de 14-18. Je fus touchée par les lettres écrites par ces derniers à leur famille ainsi que par les objets fabriqués pour leurs proches contrastant avec le milieu hostile qu’est la guerre. J’ai ensuite découvert l’Ossuaire de Douaumont, lieu très émouvant par les milliers de croix représentant tant de vies sacrifiées pour la Patrie. J’ai pris conscience du véritable sacrifice humain que fut la grande guerre ».

Ils ont aussi recherché les Barraliens qui avaient combattu et étaient morts à Verdun. C’est au monument aux morts de la ville qu’ils purent trouver leur trace, dans un vieux fichier des médaillés de la bataille, aux côtés d’un autre poilu de Douaumont : un certain Charles de Gaulle !

La conclusion de ce périple est donnée par Flavius : « ce mini séjour nous a fait réfléchir sur notre citoyenneté car il faut être prêt à défendre son pays avec la même force. Moi je suis Roumain de naissance, mais je demande la nationalité française et je me sens prêt à m’engager pour mon nouveau pays d’adoption et pour les valeurs qu’il incarne ».

Fait à Castres le 8 mai 2018, Valérie Pietravalle

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16 mai 2018