Yoyo tire sa révérence… et laisse une équation impossible à résoudre : celle de son absence
2 avril 2026Ce mardi 31 mars 2026, un après-midi à l’image de ce moment suspendu : un peu frais, mais baigné de soleil. Comme si la météo elle-même hésitait entre retenir ses élèves dans la cour et laisser partir, doucement, celle qui a marqué tant de générations.
Yolande Pech, pour l’administration. “Yoyo”, pour tout le monde.
Arrivée à Barral en 2002, elle y a posé bien plus que ses affaires : une présence, une exigence, une bienveillance qui, au fil des années, ont façonné des élèves… et même quelques collègues.
Car oui, Yoyo, c’était un style. Une signature. Une légende.
D’abord, il y avait l’arrivée du matin. Toujours la première. Toujours.
On soupçonne encore aujourd’hui qu’elle avait les clés avant même que le collège ne les reçoive.
Ensuite, il y avait la correction.
Rapide ? Non. Fulgurante. Une sorte de Lucky Luke des copies : elle corrigeait plus vite que son ombre. À tel point que certains élèves se demandaient si leurs devoirs n’étaient pas notés avant même d’être rendus.
Mais derrière cette vitesse impressionnante, il y avait surtout une rigueur sans faille. Yoyo était exigeante. Juste. Toujours. Elle ne laissait rien passer… sauf peut-être un doute, une hésitation, une fragilité. Car elle savait les voir, ces moments-là. Et elle était là.
Toujours disponible. Sur son temps libre, entre deux cours, après la sonnerie, parfois même quand tout le monde avait déjà déserté. Pour expliquer encore une fois. Différemment. Autrement. Jusqu’à ce que la lumière s’allume dans les yeux de l’élève.
Professeure principale de 6ème, elle a accompagné des générations d’enfants dans leurs premiers pas au collège. Avec cette capacité rare de poser un cadre… tout en rassurant.
D’être ferme… sans jamais cesser d’être profondément bienveillante.
Depuis 1989, elle enseignait les mathématiques. Autant dire qu’elle en a résolu, des équations.
Mais aujourd’hui, elle nous en laisse une, et pas des moindres :
comment faire sans elle ?
Et puis il y a eu ce moment…
Cet instant suspendu, gravé dans toutes les mémoires.
Une haie d’honneur, formée par tous les élèves de l’établissement. Oui, tous.
Des regards, des sourires, des applaudissements… et sans doute quelques larmes discrètes.
Elle a traversé cette allée comme elle a traversé sa carrière : avec simplicité, dignité, et ce lien si fort tissé avec les élèves. Un hommage à la hauteur de ce qu’elle a donné.
Un souvenir inoubliable, pour eux comme pour elle.
Car au-delà des chiffres, des fractions et des théorèmes, Yoyo a surtout transmis quelque chose d’essentiel :
le goût de comprendre, la persévérance, et cette conviction discrète que chacun peut y arriver.
Alors en ce 31 mars un peu frais mais lumineux, on ne dit pas vraiment au revoir.
On dit merci.
Merci pour les matins trop tôt.
Merci pour les copies rendues à une vitesse défiant toute logique.
Merci pour le temps donné, sans compter.
Merci pour la justesse, l’exigence, la bienveillance.
Et surtout… merci, Yoyo.
Parce que certaines personnes ne partent jamais vraiment :
elles restent quelque part, dans un coin de cahier, dans une méthode qu’on n’oublie pas, ou dans cette petite voix intérieure qui dit : “Allez, tu peux le faire.”
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